Lorsqu’un employeur envisage de licencier un salarié, il ne peut pas le faire sans respecter une procédure précise. L’entretien préalable est une étape essentielle qui donne au salarié la possibilité de s’expliquer. Mais encore faut-il que celui-ci soit informé à temps. La loi impose un délai entre la convocation à cet entretien et sa tenue. Mal calculé, ce délai peut compromettre toute la procédure.
Le cadre légal du délai entre convocation et entretien
Selon l’article L1232-2 du Code du travail français, le délai minimum entre la convocation d’un salarié et l’entretien préalable au licenciement est de cinq jours ouvrables. Le respect de ce délai est une condition de régularité de la procédure. Toute erreur peut avoir des conséquences, notamment sur l’indemnisation du salarié. Il ne s’agit donc pas d’un simple détail administratif.
La manière dont la convocation est transmise détermine la date à partir de laquelle le délai commence. Si elle est envoyée par lettre recommandée avec accusé de réception, c’est la date où La Poste la présente pour la première fois qui doit être considérée. Si elle est remise en main propre, l’employeur doit absolument faire signer un récépissé qui mentionne la date de remise. Sans cette preuve écrite, il sera très difficile, en cas de contestation, de démontrer que le délai a été respecté.
Le calcul du délai
Le calcul du délai entre la remise de la convocation et l’entretien préalable est une étape cruciale qui doit être rigoureusement respectée. Ce délai commence à courir dès le lendemain de la remise de la convocation au salarié. Que celle-ci soit transmise en main propre ou envoyée par lettre recommandée, le jour où le salarié la reçoit ne compte pas dans le calcul. De même, le jour fixé pour l’entretien préalable est exclu du décompte.
Pour déterminer correctement la durée de ce délai, seuls les jours ouvrables sont pris en compte. Cela signifie que les jours compris entre le lundi et le samedi sont comptabilisés, à condition qu’ils ne soient ni un dimanche, ni un jour férié1, ni un jour chômé2. Cette distinction est essentielle car, elle garantit que le salarié bénéficie d’un délai réel et effectif pour se préparer à son entretien.
Enfin, une règle importante vient compléter ce calcul. Si le cinquième jour ouvrable tombe un samedi, un dimanche, un jour férié ou un jour chômé, l’entretien ne peut pas se tenir ce jour-là. Il doit impérativement être reporté au premier jour ouvrable suivant. Cette disposition vise à protéger les droits du salarié en s’assurant qu’il dispose d’un délai complet, et il est essentiel que l’employeur en tienne compte pour éviter toute irrégularité dans la procédure.
Quelques cas pratiques
Prenons un premier cas concret. Un salarié reçoit sa convocation à l’entretien préalable au licenciement un mardi. Le délai légal commence alors à courir dès le lendemain, c’est-à-dire le mercredi. Les jours ouvrables à compter sont donc mercredi, jeudi, vendredi, samedi, puis lundi. Le cinquième jour tombant un lundi, l’entretien préalable pourra être organisé dès le mardi suivant. Ce calcul intègre les jours effectivement travaillés pour s’assurer que le délai respecte les exigences légales.
Dans une autre situation, la convocation est remise un lundi, ce qui fait démarrer le décompte dès le mardi. En suivant le principe du calcul, on compte mardi, mercredi, jeudi, vendredi et samedi. Puisque le cinquième jour est samedi, le délai doit être prolongé jusqu’au lundi, qui devient le premier jour ouvrable suivant. L’entretien, dans ce cas, aura lieu dès le lundi. De la même façon, si le cinquième jour tombait sur un mercredi 1er janvier par exemple, le délai serait automatiquement prolongé jusqu’au jeudi, premier jour ouvrable qui suit.
Le rôle du délai dans la défense du salarié

Le respect du délai entre la convocation et l’entretien préalable joue un rôle fondamental dans la capacité du salarié à préparer sa défense. Ce temps laissé entre la notification et l’entretien lui permet de comprendre les motifs invoqués, de rassembler des éléments, voire de solliciter un conseil juridique ou un accompagnement syndical. Sans ce laps de temps, la préparation serait difficile, voire impossible.
Au-delà de la simple formalité, ce délai constitue une garantie pour l’équilibre de la procédure. En respectant ce temps, l’employeur favorise un dialogue constructif, évitant ainsi une procédure expéditive qui pourrait être remise en cause ultérieurement. Pour le salarié, c’est aussi une opportunité de faire valoir ses arguments dans de meilleures conditions.
Les clés pour bien préparer une procédure de licenciement
Pour que la procédure soit menée sans erreurs, il est indispensable que l’employeur organise chaque étape avec soin, dès l’envoi de la convocation. Cela implique de vérifier minutieusement le calendrier en prenant en compte les jours ouvrables, les jours fériés et les particularités du secteur d’activité. Respecter ces éléments garantit que le délai légal est parfaitement calculé, ce qui évite tout risque de contestation ultérieure. Une convocation envoyée au bon moment et rédigée de manière claire limite les malentendus et confirme la volonté de respecter les droits du salarié.
Il est crucial de conserver une preuve de la date à laquelle la convocation à l’entretien préalable au licenciement a été remise ou reçue. Un simple envoi sans accusé de réception expose l’employeur à des doutes sur la date réelle de réception. Cela peut entraîner des contestations où la version du salarié pourrait prévaloir. Documenter rigoureusement cette étape est donc une précaution essentielle car, elle conditionne la validité de toute la procédure qui suivra.
Notes de bas de page
- Jour férié : jour fixé par la loi pendant lequel l’activité professionnelle, administrative ou scolaire est interrompue partiellement ou totalement, pour marquer un événement important d’ordre culturel, historique, religieux ou civique. 1er janvier, le lundi de Pâques, le 1er mai, le 8 mai, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, le 14 juillet, l’Assomption, la Toussaint, le 11 novembre et le jour de Noël. ↩︎
- Jour chômé : jour pendant lequel le travail est suspendu. Ce sont des jour où l’on ne travail pascomme les dimanches. Le 1er mai est le seul jour férié qui soit obligatoirement chômé et payé pour tous les salariés. ↩︎

