Lorsque la santé ne permet plus de travailler dans des conditions normales, la question de la poursuite du contrat de travail se pose rapidement. Arrêts répétés, difficultés à tenir un poste ou incapacité à reprendre durablement une activité peuvent rendre la situation difficile à gérer, autant pour le salarié que pour l’employeur. Dans ce contexte, la rupture conventionnelle peut être envisagée comme un cadre légal permettant de mettre fin au contrat de travail d’un commun accord.
Rupture conventionnelle : qu’est-ce que c’est ?
La rupture conventionnelle est un dispositif légal qui permet au salarié et à l’employeur de mettre fin à leur relation de travail d’un commun accord. Elle repose sur une volonté partagée de se séparer, formalisée dans un cadre juridique précis.
Contrairement à une démission ou à un licenciement, ce mode de rupture n’est fondé ni sur une décision unilatérale ni sur un manquement du salarié. Il implique une acceptation réciproque des conditions de départ.
Rupture conventionnelle et arrêt maladie
Lorsqu’un salarié est en arrêt maladie, le contrat de travail reste en vigueur mais son exécution est interrompue. La conclusion d’une rupture conventionnelle reste possible pendant cette période. Le droit ne l’interdit pas, même lorsque l’arrêt de travail est motivé par une dépression ou un trouble psychique reconnu par un médecin. Cette possibilité est toutefois encadrée par une exigence essentielle : le salarié doit être en capacité réelle de comprendre les conséquences de la rupture et d’y consentir librement.
Dans les situations liées à des troubles psychiques, l’appréciation de cette capacité fait l’objet d’un contrôle attentif. L’administration vérifie que la démarche n’a pas été engagée pour se séparer d’un salarié fragilisé et que la procédure ne résulte ni d’une pression ni d’un déséquilibre manifeste dans la relation de travail.
Si la maladie est directement liée au travail ou reconnue comme professionnelle, le recours à la rupture conventionnelle devient plus délicat. Le risque de contestation augmente si la rupture donne l’impression de permettre à l’employeur de se soustraire à ses obligations, comme le maintien partiel de la rémunération ou l’adaptation du poste de travail.
Les droits financiers du salarié en cas de rupture conventionnelle pour maladie

La rupture conventionnelle en cas de maladie ouvre droit au versement d’une indemnité spécifique. Cette somme est déterminée lors de la signature de la convention et ne peut en aucun cas être inférieure au minimum légal prévu pour un licenciement.
Dans le cadre de l’arrêt maladie, la Caisse Primaire d’Assurance Maladie (CPAM) peut aussi verser des indemnités journalières. Certaines conventions collectives prévoient également un salaire complémentaire versé par l’employeur pendant cette période.
Après la rupture, le salarié peut aussi bénéficier de l’allocation d’Aide au Retour à l’Emploi (ARE) s’il remplit les conditions.
Les étapes pour conclure la rupture
L’entretien préalable
L’entretien préalable correspond au moment où l’employeur et le salarié se rencontrent pour évoquer clairement la fin du contrat de travail. Cet échange sert à vérifier si la rupture est réellement envisagée par les deux parties et si elle constitue une solution adaptée à la situation du salarié, notamment lorsque son état de santé empêche une reprise normale ou durable du travail.
L’entretien porte sur la capacité du salarié à occuper son poste, les conséquences de ses absences ou de ses limitations et les perspectives réalistes de maintien dans l’entreprise. L’employeur expose les difficultés rencontrées dans l’organisation du travail, tandis que le salarié exprime sa situation personnelle et professionnelle. Cet échange permet d’évaluer si la poursuite du contrat est possible ou si une séparation négociée est préférable.
L’entretien doit se dérouler dans un cadre serein. Aucune décision ne peut être imposée à ce stade. Le salarié doit disposer d’informations précises sur la nature de la rupture envisagée, ses effets sur le contrat et les suites administratives. Cette étape permet au salarié de réfléchir à son choix sans précipitation et à l’employeur de s’assurer que la démarche repose sur un accord réel.
La rédaction et la signature de la convention de rupture
La convention de rupture est le document écrit qui formalise l’accord entre le salarié et l’employeur. Elle fixe les conditions exactes de la fin du contrat et sert de base à l’ensemble de la procédure. Sans ce document correctement rédigé et signé, la rupture conventionnelle n’a pas d’existence juridique.
La convention doit mentionner clairement la date prévue pour la fin du contrat et le montant de l’indemnité versée au salarié. Sa signature marque l’accord des deux parties, mais elle n’entraîne pas la fin immédiate du contrat.
Le délai de rétractation
Après la signature de la convention de rupture, un délai de 15 jours calendaires commence à courir. Pendant cette période, le salarié comme l’employeur peuvent revenir sur leur décision. Si l’un ou l’autre se rétractent, cela met fin à la procédure et rend la convention sans effet. Le contrat de travail se poursuit alors dans les mêmes conditions qu’avant la signature, comme si la rupture n’avait jamais été envisagée.
Ce délai joue un rôle particulier lorsque la rupture est envisagée pour des raisons de santé. Il permet au salarié de prendre du recul après la signature, de se faire assister pour vérifier que la décision correspond réellement à sa situation.
L’homologation par la DREETS
À l’issue du délai de rétractation, la convention de rupture est transmise à la Direction régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS). Sans transmission du dossier, la rupture ne peut pas produire d’effet.
La DREETS vérifie que les étapes obligatoires ont été respectées et que les informations figurant dans la convention sont conformes aux règles applicables. L’administration contrôle notamment la présence des signatures, le respect des délais et l’existence d’un accord réel entre le salarié et l’employeur. En l’absence d’un refus de la DREETS exprimé dans le délai légal, la rupture est considérée comme validée. Le contrat prend alors fin à la date prévue dans la convention.

