Article mis à jour le 17 août 2025
- Les professionnels concernés par la Prime Ségur
- Montant mensuel et intégration dans la rémunération
- Comment la prime apparaît-elle sur la fiche de paie ?
- Une prime soumise à l’imposition et aux prélèvements sociaux
- Financement de la prime
- Comprendre sa situation pour mieux maîtriser ses droits
- Vers une révision du dispositif ?
La prime Ségur s’inscrit dans un effort de reconnaissance salariale pour les métiers de la santé. Elle a été instaurée notamment pour renforcer l’attractivité des professions d’infirmière et d’aide-soignante. Elle modifie de manière concrète la fiche de paie de nombreux agents, tout en s’accompagnant de règles précises concernant sa fiscalité.
Les professionnels concernés par la Prime Ségur
Les infirmiers.ères et aides-soignants.es exerçant au sein des hôpitaux publics, des Établissements d’Hébergement pour Personnes Âgées Dépendantes (EHPAD) ou dans des structures médico-sociales bénéficient depuis quelques années de la prime Ségur. Elle ne prend pas la forme d’un paiement exceptionnel, mais d’un complément régulier, versé chaque mois en plus du traitement habituel. Ce supplément est accordé en plus des primes liées aux conditions de travail spécifiques, à l’ancienneté ou à la pénibilité de l’activité.
Elle prend en compte aussi bien les titulaires que les contractuels, à condition qu’ils exercent dans des établissements répondant aux critères d’éligibilité. Cette règle inclut également les travailleurs sociaux de la fonction publique territoriale.
Montant mensuel et intégration dans la rémunération
Le montant de la prime Ségur atteint, pour une majorité des personnels concernés, 183 € nets par mois. Ce montant varie selon la grille statutaire, le cadre d’emploi et les accords spécifiques signés au sein de chaque structure. Il peut aussi différer selon les conventions collectives, notamment dans les établissements privés à but non lucratif ou dans les services associatifs sous contrat. Cette différence reflète la complexité des environnements professionnels bénéficiant de cette mesure incitative.
Dans le secteur public, la prime est généralement intégrée de manière uniforme selon les règles de la fonction publique hospitalière. En revanche, dans le secteur privé, chaque établissement adapte son application selon les négociations locales, les conventions collectives et les moyens disponibles. Cette adaptation peut entraîner des écarts dans le montant perçu et la fréquence de versement, ce qui rend les modalités variables d’une structure à une autre.
Comment la prime apparaît-elle sur la fiche de paie ?

La prime Ségur peut figurer sur la fiche de paie sous une appellation explicite ou être intégrée plus discrètement dans le traitement du montant brut du salaire. Cela dépend des choix de présentation opérés par l’employeur ou la collectivité.
En cas de doute, les services de gestion des ressources humaines ou le Comité Social et Économique peuvent aider à avoir des documents retraçant la structure exacte de la rémunération. Cela permet d’identifier les montants liés à la prime, même lorsqu’ils ne figurent pas distinctement sur le bulletin mensuel.
Une prime soumise à l’imposition et aux prélèvements sociaux
Contrairement à certaines primes exonérées de cotisations comme la Prime Exceptionnelle de Pouvoir d’Achat (PEPA), la prime Ségur est pleinement soumise aux règles fiscales en vigueur. Elle est imposable, comme la plupart des éléments de rémunération.
Ce caractère imposable implique également que la prime Ségur est soumise aux cotisations de retraite. La somme versée chaque mois au titre de cette prime est donc prise en compte pour le calcul des cotisations retraite.
Financement de la prime
À l’origine, le financement de la prime Ségur reposait sur une répartition entre l’État et les départements. L’État et la Sécurité sociale, prenaient en charge 70 % du coût, tandis que les départements devaient assumer les 30 % restants. Cette configuration s’appliquait principalement aux structures publiques. En revanche, les établissements associatifs, souvent exclus du dispositif initial, se retrouvaient contraints de financer seuls la prime.
Pour répondre à cette inégalité, un soutien pérenne a été mis en place. La Caisse Nationale de Solidarité pour l’Autonomie (CNSA), consacre désormais 85 millions d’euros par an afin de permettre aux départements de couvrir 50 % du coût total de cette revalorisation. Cette évolution ouvre la voie à une application plus homogène et limite les disparités entre les différents types d’établissements.
Comprendre sa situation pour mieux maîtriser ses droits

Chaque professionnel doit prendre le temps d’examiner sa situation. La nature de l’établissement, le statut sous lequel il exerce, les choix faits par l’employeur et les conventions applicables peuvent influencer la manière dont la prime est versée.
Il est conseillé de consulter régulièrement son service de gestion du personnel ou les instances représentatives pour rester informé des ajustements ou des évolutions éventuelles. Il est important de vérifier de s’assurer que ses droits sont bien respectés et que la revalorisation a bien été appliquée.
Vers une révision du dispositif ?
Les syndicats demandent que le dispositif soit étendu à un plus grand nombre de professionnels, incluant non seulement les soignants, mais aussi les personnels de soutien. Leur demande s’appuie sur une revalorisation qui reconnaisse l’ensemble des métiers liés au soin. Plusieurs rassemblements ont permis de porter ces revendications au cœur des discussions publiques. Certains ont mis en avant le souhait d’une reconnaissance plus large, prenant en compte tous ceux qui contribuent au bien-être des patients, sans distinction de fonction.
Le dispositif actuel reste limité à certains profils. Les professionnels cherchent aujourd’hui à mieux comprendre les conditions d’application et espèrent une évolution qui apporte plus de clarté et de stabilité dans la durée. Leur attente se traduit aussi par un désir de cohérence entre les secteurs public et privé, afin d’assurer une équité réelle. Par ailleurs, la pérennisation de la prime Ségur est vue comme un élément clé pour soutenir l’attractivité des métiers du soin.

