Article mis à jour le 17 août 2025
- Comment fonctionnent les cotisations pendant un arrêt maladie
- Les règles à connaître à propos de la validation des trimestres
- Quelle est la conséquence sur la retraite complémentaire ?
- L’impact souvent sous-estimé d’un arrêt maladie en fin de carrière
- Quelques conseils pour protéger ses droits à la retraite en cas d’arrêt maladie
Un arrêt maladie ne signifie pas que les cotisations et la validation des droits à la retraite sont automatiquement suspendues. Pendant cette période, des règles précises encadrent le calcul des trimestres et leur prise en compte dans le parcours professionnel. Savoir comment ces règles s’appliquent permet d’éviter des surprises au moment de partir à la retraite.
Comment fonctionnent les cotisations pendant un arrêt maladie
Lors d’un arrêt maladie, le versement du salaire est interrompu. Comme les cotisations retraite sont directement liées à la rémunération perçue, elles cessent en l’absence de revenu. En remplacement, la Sécurité sociale verse des indemnités journalières destinées à compenser une partie de cette perte. Ces indemnités n’ont pas la même nature que le salaire : elles ne génèrent pas de cotisations retraite classiques, en particulier pour la retraite complémentaire. En revanche, elles permettent de valider des trimestres pour la retraite de base.
Valider un trimestre, c’est faire en sorte qu’il soit ajouté au nombre de trimestres nécessaires pour pouvoir partir à la retraite. Même si aucun salaire n’est perçu et donc aucune cotisation versée durant cette période, elle est reconnue par l’administration comme équivalente à du temps travaillé. Mais comme elle ne repose pas sur un revenu, elle n’entre pas dans le calcul du montant de la pension.
Les règles à connaître à propos de la validation des trimestres
Lorsqu’un fonctionnaire reçoit des indemnités journalières pendant au moins 60 jours d’affilée, il valide un trimestre pour sa retraite. Cependant, il ne peut pas valider plus de quatre trimestres par an grâce à ces indemnités. En clair, un arrêt maladie ne peut pas faire valoir plus de trimestres que ceux d’une année entière de travail.
Cette règle s’applique aussi aux arrêts liés à une maladie professionnelle ou à un accident du travail, qui bénéficient d’un traitement similaire. Lorsqu’une maladie entraîne une incapacité permanente d’au moins 66 %, le système de retraite prévoit une mesure spécifique. Chaque versement lié à cette invalidité donne droit à la validation d’un trimestre supplémentaire, dans la limite de quatre trimestres par an. Cette règle permet de compenser les interruptions de carrière prolongées dues à la maladie. Par ailleurs, un principe particulier s’applique aux congés maternité : si vous avez cotisé au cours du trimestre précédant l’accouchement, le trimestre pendant lequel a lieu la naissance est aussi pris en compte pour vos droits à la retraite.
En cas d’arrêt maladie non indemnisé, aucune validation n’est faite. Cela peut se produire si les conditions d’indemnisation ne sont pas remplies ou lors de périodes non couvertes par la Sécurité sociale. Dans cette situation, le salarié perd des trimestres, ce qui peut différer l’âge de départ à la retraite et diminuer ses droits.
Quelle est la conséquence sur la retraite complémentaire ?

La retraite complémentaire fonctionne sur un système de points acquis en contrepartie des cotisations versées. Étant donné que les indemnités journalières ne génèrent pas de cotisations, elles n’engendrent pas de points. Ainsi, même si le salarié valide des trimestres pour la retraite de base, il ne gagne rien sur sa retraite complémentaire durant l’arrêt. Ce manque peut créer un écart important entre la durée validée et le montant réellement perçu à la retraite.
Cela peut conduire à une baisse sensible du montant total de la retraite, surtout si l’arrêt maladie survient sur une longue période ou en fin de carrière. Toutefois, la reconnaissance d’une incapacité permanente peut donner droit à des points supplémentaires, selon la gravité du handicap. C’est une mesure destinée à protéger les personnes dont la capacité de travail est durablement altérée. Pour en bénéficier, une évaluation médicale et une reconnaissance officielle du niveau d’incapacité sont nécessaires.
L’impact souvent sous-estimé d’un arrêt maladie en fin de carrière
Le calcul de la retraite de base repose sur la moyenne des vingt-cinq meilleures années de salaire. Ces années correspondent souvent aux dernières années d’activité, où le salaire est le plus élevé. Quand un arrêt maladie survient, à ce moment-là le salaire est remplacé par des indemnités, ce qui fait chuter la moyenne. Cette baisse affecte directement le montant de la pension, parfois de façon importante. Même si les trimestres sont validés, la perte de cotisation sur un salaire élevé se traduit par une réduction de la base de calcul. C’est une réalité parfois difficile à anticiper.
Pour limiter cette perte, certains salariés optent pour un temps partiel thérapeutique qui leur permet de percevoir une partie de leur salaire et de continuer à cotiser, tout en bénéficiant d’indemnités pour compenser la baisse d’activité. D’autres choisissent de repousser leur départ à la retraite d’un an ou deux pour compléter leur carrière avec des revenus pleins.
Quelques conseils pour protéger ses droits à la retraite en cas d’arrêt maladie

Il est essentiel de consulter son relevé de carrière régulièrement pour s’assurer que toutes les périodes d’arrêt sont bien prises en compte. Ce document officiel liste les trimestres validés et les cotisations versées. Après un arrêt maladie, une vérification attentive permet de détecter d’éventuelles omissions ou erreurs, qui peuvent être corrigées. Lorsque des trimestres manquent, il est possible de procéder à un versement pour la retraite1, une option qui est souvent rentable à l’approche de la retraite. Par ailleurs, la souscription à une assurance prévoyance peut également permettre de maintenir ses cotisations même en cas d’arrêt prolongé.
En parallèle, il peut être utile d’anticiper les impacts d’un arrêt prolongé en simulant différents scénarios de départ à la retraite. De nombreux outils en ligne permettent d’estimer le montant de la pension selon le nombre de trimestres validés, les interruptions de carrière et les revenus perçus. Cette démarche permet d’ajuster plus tôt ses choix professionnels ou financiers pour limiter les pertes sur le long terme.
Note de bas de page
- Versement pour la retraite : encore appelé rachat de trimestres, c’est une cotisation qui compense les périodes au cours desquelles un fonctionnaire ou un salarié n’a pas cotisé, en vue d’augmenter sa pension de retraite. ↩︎

