La période de préavis marque la fin d’un contrat, mais le travail ne s’arrête pas pour autant. Pendant ce laps de temps, certaines règles continuent de s’appliquer, notamment celles liées aux congés payés non pris. Beaucoup se demandent s’il est possible de poser des jours de repos avant le départ effectif de l’entreprise. La réponse à cette question dépend de plusieurs éléments.
Rupture conventionnelle : de quoi est-il question ?
La rupture conventionnelle repose sur une volonté commune du salarié et de l’employeur de mettre fin au contrat. Contrairement à un licenciement économique ou à une démission, elle n’est ni imposée ni subie. Elle donne lieu à un cadre précis, défini par la loi et comprend plusieurs étapes obligatoires.
Dès le premier entretien, les deux parties doivent se mettre d’accord sur les modalités de la rupture, notamment la date de fin de contrat et les conditions associées. Une fois l’accord formalisé, le dossier est transmis à la Direction régionale de l’Économie, de l’Emploi, du Travail et des Solidarités (DREETS) pour homologation. Cette étape est obligatoire et conditionne la validité de la rupture. Elle permet à l’administration de s’assurer du libre consentement des deux parties et du respect de la procédure.
Durant cette phase, la question des congés payés non pris se pose fréquemment. Lorsqu’il reste plusieurs jours à solder, il est essentiel de clarifier leur prise ou leur indemnisation avant la fin effective du contrat, afin d’éviter tout litige ultérieur. L’employeur peut proposer un calendrier de prise de congés, mais en l’absence d’accord, ces jours doivent faire l’objet d’une indemnité.
Ce que dit le droit sur les congés payés non pris en fin de contrat
Quand un salarié quitte une entreprise avec des congés encore disponibles, il n’a aucune obligation de les utiliser. La règle générale prévoit que ces jours soient réglés sous forme d’indemnité compensatrice, intégrée au solde de tout compte. Cette indemnité correspond au nombre de jours acquis mais non utilisés à la date de la rupture du contrat.
L’employeur ne peut pas imposer au salarié de poser ses congés restants pour écourter ou ajuster la fin du contrat. Il n’a pas non plus la possibilité de refuser le versement de l’indemnité en exigeant que les congés soient pris. Il arrive parfois que les deux parties souhaitent utiliser ces jours comme période de repos avant le départ. C’est une solution possible, mais elle implique quelques conditions précises, à commencer par une validation écrite.
Est-il possible de prendre des congés payés après la validation de la rupture ?

Oui, il est possible de prendre des congés pendant la période entre la signature de la rupture conventionnelle et la fin effective du contrat. Mais ce n’est pas un droit automatique. Le salarié doit faire une demande, qui doit obligatoirement être acceptée par l’employeur. Sans cet accord, les congés ne peuvent pas être pris.
Autrement dit, il n’existe aucune obligation légale pour l’employeur d’accorder ces congés, même si le salarié a des jours disponibles. Le principe de base reste la liberté contractuelle. Si les deux parties tombent d’accord, les congés peuvent être pris normalement, comme dans n’importe quelle autre période d’activité.
En revanche, une fois ces congés pris, ils deviennent des jours réellement utilisés. Ils ne seront donc plus payés sous forme d’indemnité dans le solde de tout compte. Si l’accord est donné, les congés sont posés selon les modalités habituelles de l’entreprise. Cela signifie que les jours doivent être validés et enregistrés comme toute autre demande de congé. Ce détail administratif a toute son importance car, il permet d’éviter des désaccords ultérieurs, notamment au moment du calcul de l’indemnité ou du départ effectif.
Ce qu’il faut savoir en cas de dispense de préavis
Dans de nombreux cas, l’employeur choisit de libérer le salarié dès la signature de la rupture conventionnelle, sans lui demander de continuer à travailler. Cette dispense est souvent convenue de façon amiable car, il n’existe pas, juridiquement, de préavis obligatoire en rupture conventionnelle. Ce qui importe, c’est la date fixée par les deux parties pour la fin effective du contrat.
Si cette date approche et que le salarié n’est plus tenu de travailler, il ne pourra pas utiliser ses congés restants. Ceux-ci ne pourront donc pas être pris sous forme de repos. Dans ce cas, les jours non pris seront automatiquement indemnisés et intégrés au solde de tout compte, ce qui permet de compenser l’impossibilité de les consommer.
Toutefois, si le salarié s’absente en pensant utiliser ses congés sans avoir obtenu un accord écrit, cela peut créer des malentendus lors de la clôture administrative. Il est donc essentiel de s’assurer que chaque absence soit bien validée et enregistrée.
Illustrations concrètes pour mieux comprendre
Prenons l’exemple de Marie, responsable administrative dans une PME. Elle dispose encore de dix jours de congés non pris au moment de signer une rupture conventionnelle. Elle souhaite en poser cinq avant la fin de son contrat. Son employeur accepte, les dates sont validées. Ces jours sont déduits du solde de ses congés et seuls les cinq restants seront compensés financièrement.
Autre cas : Marc, salarié dans une entreprise de services, veut prendre ses jours de congé pour anticiper son départ. L’employeur refuse, estimant qu’il a besoin de sa présence pour former son remplaçant. Marc travaille jusqu’au dernier jour convenu. Ses congés sont intégralement payés au moment du départ et son contrat s’arrête à la date initialement prévue.
Ces deux exemples montrent bien que tout dépend des échanges entre les deux parties. Aucun schéma n’est figé.

