Comment protéger vos revenus quand un arrêt maladie précède votre congé maternité ou parental

Femme dans son lit avec son bébé

En 2026, une journée d’arrêt maladie est indemnisée 42,97 € au maximum par l’Assurance maladie, selon la fiche « Arrêt maladie : indemnités journalières versées au salarié » de Service-Public. Une journée de congé maternité est indemnisée jusqu’à 104,02 €. Pour une salariée enceinte déjà en arrêt, le montant versé chaque jour dépend donc du type d’absence dans lequel elle se trouve : arrêt maladie, congé pathologique ou congé maternité. Vous êtes en arrêt maladie et votre congé maternité approche ? Voici ce que deviennent vos indemnités, vos droits et vos démarches jusqu’au congé parental.

Pouvez-vous enchaîner un arrêt maladie et votre congé maternité sans reprendre le travail ?

Oui. Vous pouvez enchaîner votre arrêt maladie et votre congé maternité, l’arrêt pouvant durer jusqu’à la veille du congé. Ce congé commence alors à la date prévue, sans que vous ayez à revenir dans l’entreprise, même pour une journée. L’article L1225-17 du Code du travail ouvre en effet ce congé à toute salariée enceinte, sans exiger qu’elle ait repris son poste avant.

Seule l’indemnisation change de nature. Au premier jour du congé prénatal, la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) cesse de verser des indemnités maladie et les remplace par des indemnités maternité, payées sans délai de carence.

Tant que le congé prénatal n’a pas commencé, l’arrêt maladie suit ses propres règles, même quand il n’a aucun lien avec la grossesse. Une sciatique ou une fracture du poignet est ainsi indemnisée au titre de la maladie jusqu’au dernier jour avant le congé.

Avec l’avis favorable de votre médecin, vous pouvez commencer votre congé maternité jusqu’à 3 semaines plus tard que prévu et ajouter ces semaines au congé qui suit la naissance. Si un arrêt de travail vous est prescrit pendant ces semaines de report, le report est annulé, selon la page « La durée du congé maternité d’une salariée » d’ameli.fr. Le congé prénatal démarre le jour même de l’arrêt.

Un arrêt maladie avant le congé maternité entraîne-t-il une perte de salaire ?

Femme en arrêt maladie

Tout dépend du motif de l’arrêt prescrit par votre médecin. Un arrêt maladie ordinaire réduit nettement vos revenus si votre employeur ne complète pas les indemnités. Un congé pathologique lié à la grossesse limite la perte, car il est payé comme le congé maternité.

Type d’absenceDurée maximaleIndemnisée commeMontant maximal par jour en 2026
Arrêt maladie ordinaireFixée par le médecinUne maladie42,97 €
Congé pathologique prénatal2 semainesUne maternité104,02 €
Congé maternité (1ᵉʳ ou 2ᵉ enfant)16 semainesUne maternité104,02 €
Congé pathologique postnatal4 semainesUne maladie42,97 €

L’arrêt maladie ordinaire

La CPAM vous verse la moitié de votre salaire journalier de base, calculé à partir de vos trois derniers salaires bruts. Depuis le 1ᵉʳ avril 2025, le salaire retenu est plafonné à 1,4 fois le Smic, soit 2 613,82 € brut par mois en 2026. Les trois premiers jours de chaque arrêt ne sont pas indemnisés.

Si vous avez au moins un an d’ancienneté, votre employeur complète ces indemnités (article L1226-1 du Code du travail). Après 7 jours de carence, il vous garantit 90 % de votre salaire brut pendant 30 jours, puis les deux tiers pendant les 30 jours suivants. Ces deux périodes s’allongent avec l’ancienneté.

Votre convention collective peut prévoir mieux, jusqu’au maintien de la totalité du salaire dès le premier jour. Lorsque l’entreprise a souscrit un contrat de prévoyance collective, l’assureur peut aussi compléter vos indemnités au-delà des durées légales, selon les garanties prévues.

Le congé pathologique prénatal

Quand votre santé est fragilisée par la grossesse (contractions précoces, hypertension), votre médecin ou votre sage-femme peut prescrire un congé pathologique de 2 semaines au maximum, en une ou plusieurs fois, dès que la grossesse est déclarée. Ces 14 jours s’ajoutent au congé prénatal et ne peuvent pas être reportés après la naissance.

L’écart avec un arrêt ordinaire est sensible, même pour un salaire moyen. Prenons une salariée payée 2 400 € brut par mois, sans complément de son employeur. En arrêt maladie, elle touche 39,45 € brut par jour à partir du 4ᵉ jour, soit environ 405 € nets pour 14 jours. En congé pathologique, la caisse applique un abattement forfaitaire de 21 % à son salaire journalier de 78,90 €. Elle perçoit ainsi 62,33 € par jour dès le premier jour, soit environ 873 € pour la même période.

Comment sont calculées vos indemnités de congé maternité après un long arrêt

Un long arrêt maladie ne fait pas baisser vos indemnités maternité. Quand aucune reprise ne sépare les deux absences, la CPAM se base sur les salaires des trois mois qui précèdent le début de l’arrêt maladie et non sur les indemnités perçues ensuite.

Pour un arrêt commencé le 10 mars et un congé maternité qui débute en septembre, la caisse retient par exemple les salaires de décembre, janvier et février. Chaque salaire est pris en compte dans la limite du plafond de la Sécurité sociale, un montant de référence fixé chaque année, soit 4 005 € par mois en 2026.

Cette règle suppose une absence continue. Si vous reprenez le travail entre les deux absences, même quelques jours, demandez à votre CPAM quels salaires elle retiendra avant de fixer votre date de reprise.

Arrêt maladie avant un congé parental : quelles conséquences sur vos revenus ?

Le congé parental d’éducation et le congé maternité n’ont pas le même objet. Le congé maternité protège la santé de la mère et de l’enfant autour de la naissance. Une partie de ce congé est obligatoire et la CPAM l’indemnise.

Le congé parental, lui, est facultatif. Il permet à la mère ou au père de suspendre son contrat de travail, ou de passer à temps partiel, pour s’occuper de l’enfant jusqu’à ses 3 ans. Pour y avoir droit, il faut au moins un an d’ancienneté dans l’entreprise à la naissance (article L1225-47 du Code du travail). L’employeur ne verse aucun salaire pendant ce congé. Seule la caisse d’allocations familiales (Caf) peut verser une aide, sous conditions.

Votre arrêt maladie est indemnisé jusqu’à la veille du premier jour de votre congé parental à temps plein. Ensuite, les versements s’arrêtent. Pendant ce congé, l’Assurance maladie continue de rembourser vos frais de santé (consultations, examens, soins), mais elle ne vous verse plus d’indemnités journalières, même si vous êtes malade (article L161-9 du Code de la sécurité sociale). Si votre arrêt maladie se prolonge après le début de votre congé parental, les jours d’arrêt qui tombent pendant ce congé ne sont pas indemnisés.

C’est vous qui choisissez la date de début de votre congé parental. Si votre congé parental fait suite à votre congé maternité, l’article L1225-50 du Code du travail vous oblige à prévenir votre employeur au moins un mois avant la fin du congé maternité. Votre courrier précise la date de début et la durée du congé parental. Si votre médecin envisage de vous arrêter après la naissance, parlez-en avec lui avant d’envoyer ce courrier. Cela vous permettra de choisir une date de début qui tient compte de la durée de cet arrêt.

À la fin du congé parental, la règle s’inverse. Si vous êtes malade le jour où vous devez reprendre votre poste, la CPAM vous verse des indemnités journalières pendant toute la durée de l’arrêt. En temps normal, il faut avoir travaillé au moins 150 heures au cours des 3 mois qui précèdent un arrêt pour avoir droit à ces indemnités. Une salariée qui revient de congé parental ne remplit pas cette condition. Pendant les 12 mois qui suivent son retour, la caisse se base par conséquent sur sa situation d’avant le congé pour l’indemniser (article D161-2 du Code de la sécurité sociale).

Femme malade au travail

Congé supplémentaire de naissance : 70 % du salaire le premier mois

Depuis le 1ᵉʳ juillet 2026, chaque parent salarié peut prendre un congé supplémentaire de naissance d’un ou deux mois. Ce congé a été créé par la loi n° 2025-1403 du 30 décembre 2025 de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Il commence après le congé maternité et doit être pris dans les 9 mois qui suivent la naissance. Vous pouvez prendre un seul mois, deux mois d’affilée ou deux périodes d’un mois séparées. Prévenez votre employeur au moins un mois à l’avance.

Contrairement au congé parental, ce congé est indemnisé : vous percevez 70 % de votre salaire net le premier mois, puis 60 % le second, dans la limite du plafond de la Sécurité sociale. Si vous voulez rester plus longtemps auprès de votre enfant, il réduit votre perte de revenus avant un éventuel congé parental.

Ces indemnités ne se cumulent ni avec celles d’un arrêt maladie ni avec la prestation partagée d’éducation de l’enfant (PreParE), l’aide que la Caf peut verser aux parents en congé parental.

Quels droits conservez-vous pendant ces absences successives ?

L’arrêt maladie et le congé maternité suspendent votre contrat de travail sans y mettre fin. Votre employeur ne peut donc ni vous faire travailler ni vous licencier librement.

Le travail pendant vos absences

Votre employeur ne peut pas exiger que vous repreniez le travail une journée entre votre arrêt maladie et votre congé maternité. Il n’a pas non plus le droit de vous confier une tâche pendant l’une ou l’autre de ces absences, même ponctuelle, comme envoyer un dossier ou répondre à des courriels. Solliciter une salariée pendant son arrêt maladie ou son congé maternité est une faute de l’employeur.

Dans deux arrêts du 4 septembre 2024, dont l’arrêt n° 22-16.129 sur le congé maternité, la chambre sociale de la Cour de cassation1 a jugé que cette faute cause forcément un préjudice à la salariée. Vous n’avez pas à prouver un dommage précis pour obtenir réparation devant le conseil de prud’hommes. La réparation prend la forme de dommages et intérêts plutôt que d’un rappel de salaire (Cour de cassation, chambre sociale, 2 octobre 2024, n° 23-11.582).

Votre emploi

Pendant votre congé maternité et les congés payés pris juste après, votre employeur ne peut pas vous licencier, quel que soit le motif (article L1225-4 du Code du travail).

Ce même article prévoit ensuite une seconde protection, moins stricte, pendant les 10 semaines qui suivent la fin du congé maternité. Un arrêt maladie qui commence juste après ce congé ne prolonge pas l’interdiction de licencier, comme l’a jugé la Cour de cassation le 1ᵉʳ décembre 2021 (n° 20-13.339). Il tombe dans ces 10 semaines, pendant lesquelles la protection contre le licenciement est plus limitée. Votre employeur peut alors vous licencier uniquement pour une faute grave, ou s’il lui est impossible de maintenir votre contrat. Dans les deux cas, le motif ne doit avoir aucun lien avec la grossesse ou l’accouchement.

Sécurisez vos indemnités d’une absence à l’autre

Le passage d’une absence à l’autre change à chaque fois le mode de calcul de vos indemnités, et parfois l’organisme qui les verse. Six précautions vous évitent un retard de paiement ou une erreur de montant.

  • Déclarez votre grossesse à la CPAM et à la Caf avant la fin de la 14ᵉ semaine de grossesse.
  • Envoyez chaque avis d’arrêt de travail dans les 48 heures, les deux premiers volets à la CPAM et le troisième à votre employeur. Si vous dépassez ce délai, votre employeur n’est pas tenu de compléter vos indemnités.
  • Demandez à votre service de la paie de confirmer que votre attestation de salaire a bien été transmise à la CPAM au début de l’arrêt maladie, puis au début du congé maternité.
  • Sur votre compte ameli, vérifiez les dates de chaque période et le type d’indemnités versées (maladie ou maternité). Signalez sans attendre toute erreur à la CPAM.
  • Cherchez dans votre convention collective, dont le numéro figure sur votre bulletin de paie, les règles de maintien de salaire en cas de maladie et de maternité.
  • Si votre employeur maintient votre salaire, demandez-lui s’il perçoit les indemnités à votre place. Dans ce cas, la CPAM les lui verse directement et vous ne devez pas les recevoir en double.

FAQ

Que se passe-t-il si vous tombez malade pendant votre congé maternité ?

Vous continuez de percevoir vos indemnités maternité et la date de fin du congé ne change pas. Si votre état de santé ne vous permet pas de reprendre le travail à cette date, votre médecin peut vous prescrire un arrêt maladie à partir du lendemain. À partir de ce jour, la CPAM ne vous verse plus d’indemnités maternité mais des indemnités maladie, moins élevées et versées après 3 jours de carence.

La limitation de la durée des arrêts de travail change-t-elle quelque chose avant un congé maternité ?

Depuis le 1ᵉʳ septembre 2026, en application d’un décret publié au Journal officiel le 13 juin 2026, un premier arrêt de travail ne peut pas dépasser un mois. Chaque prolongation est limitée à deux mois. Si votre arrêt dure plus d’un mois avant votre congé maternité, vous devrez revoir votre médecin au bout d’un mois pour faire prolonger votre arrêt, puis au moins tous les deux mois.

Êtes-vous indemnisée si vous tombez malade pendant un congé parental à temps partiel ?

Oui. Comme vous continuez de travailler, la CPAM vous verse des indemnités journalières maladie dans les conditions habituelles. Elles sont calculées à partir du salaire de votre temps partiel.

Pouvez-vous interrompre votre congé parental si vous êtes de nouveau enceinte ?

Oui. Votre employeur ne peut pas s’y opposer. Envoyez-lui une lettre recommandée avec avis de réception au moins un mois avant le début de votre nouveau congé maternité. Joignez un certificat médical qui indique la date prévue de l’accouchement. Pendant ce congé maternité, vous percevez des indemnités maternité.

Pouvez-vous prendre vos congés payés entre votre congé maternité et votre congé parental ?

L’article L3141-2 du Code du travail vous garantit vos congés payés à votre retour de congé maternité, même si la période habituelle de prise des congés est terminée.

Note de bas de page :

  1. Chambre sociale de la Cour de cassation : la Cour de cassation, plus haute juridiction judiciaire française, est divisée en six chambres, chacune spécialisée dans un domaine du droit. La chambre sociale est celle qui juge en dernier recours les litiges entre employeurs et salariés. ↩︎
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