Au 31 décembre 2025, les centres de formation d’apprentis accueillaient 1 020 400 apprentis, selon la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l’Éducation nationale. Malgré une baisse de 2,8 % par rapport à 2024, l’apprentissage reste un secteur qui mobilise plus d’un million de jeunes et qui nécessite des professionnels capables de transmettre des compétences directement liées à leur métier. Cette dynamique explique les besoins réguliers des CFA en formateurs qualifiés.
Comment accéder à un poste de formateur en CFA

Contrairement au formateur pour adultes au GRETA, le formateur en CFA n’a pas besoin de suivre un parcours spécifique d’enseignement pour exercer. Les centres de formation d’apprentis recrutent principalement des professionnels capables de transmettre une compétence métier acquise sur le terrain, qu’il s’agisse de réparer un véhicule, de réaliser une installation électrique, de préparer des plats en cuisine ou de gérer des opérations commerciales. La connaissance concrète du métier constitue donc le point de départ, car les apprentis attendent d’un formateur qu’il puisse expliquer les méthodes de travail utilisées en entreprise et répondre aux questions qu’ils peuvent avoir pendant leur apprentissage.
Les conditions d’accès dépendent du domaine enseigné et du niveau de formation préparé par les apprentis. Selon l’article R6233-13 du code du travail, un formateur chargé d’un enseignement technique, théorique ou pratique doit soit posséder le niveau de qualification demandé pour un poste d’enseignant équivalent dans un établissement public, soit détenir un diplôme ou un titre d’un niveau au moins égal à celui préparé par les apprentis, avec une expérience professionnelle d’au moins 2 ans dans la spécialité concernée au cours des 10 dernières années. Ainsi, un professionnel titulaire d’un brevet professionnel en coiffure qui souhaite former des apprentis préparant ce même diplôme devra justifier d’une maîtrise réelle du métier et d’une expérience professionnelle récente.
Dans la pratique, les CFA recherchent des profils capables de passer du rôle de professionnel à celui de pédagogue. Avoir encadré des salariés, accompagné un apprenti, formé de nouveaux collaborateurs ou dirigé une équipe constitue un avantage, car ces expériences prouvent que vous savez expliquer, corriger et faire progresser une personne en apprentissage. Si vous maîtrisez votre métier mais que vous n’avez jamais enseigné, une formation comme le titre professionnel de formateur professionnel d’adultes (FPA) peut vous apprendre à construire un cours, préparer des supports pédagogiques, évaluer les acquis et adapter vos méthodes aux différents niveaux des apprentis.
Quel salaire peut espérer un formateur en CFA ?
La rémunération d’un formateur en CFA varie selon son ancienneté, son domaine d’intervention, son niveau de qualification et les responsabilités qui lui sont confiées. Un professionnel qui débute dans cette fonction gagne généralement entre 1 800 € et 2 500 € par mois, tandis qu’un formateur expérimenté peut atteindre 3 000 € à 3 500 € par mois s’il intervient sur des formations techniques, prend en charge des missions de suivi ou devient référent dans sa spécialité. Un formateur en mécanique automobile, en maintenance industrielle ou en informatique peut ainsi bénéficier d’une rémunération plus élevée si son expertise correspond à un secteur où les entreprises recherchent fortement des compétences.
L’évolution salariale intervient aussi si le formateur quitte progressivement l’animation des cours pour occuper des fonctions de coordination. Un coordinateur pédagogique organise les plannings de formation, accompagne les autres formateurs, suit les résultats des apprentis et assure les échanges avec les entreprises partenaires, ce qui justifie une rémunération pouvant aller jusqu’à 4 000 €, voire plus.
Quelles sont les missions et les qualités nécessaires pour exercer comme formateur en CFA ?

Le formateur en CFA assure bien plus qu’une simple transmission de cours. Il prépare des cours adaptés au diplôme préparé, explique les notions techniques, organise des exercices pratiques et évalue régulièrement les acquis des apprentis.
Dans un atelier de maintenance automobile, par exemple, son rôle ne consiste pas seulement à montrer comment réaliser une vidange ou utiliser une valise de diagnostic : il doit apprendre aux jeunes à respecter une procédure, identifier une panne, utiliser les outils correctement et adopter les règles de sécurité attendues dans un garage.
Son travail comprend également le suivi individuel des apprentis et les échanges avec les entreprises qui les accueillent en alternance. Il doit savoir repérer les difficultés d’un jeune, dialoguer avec son maître d’apprentissage, ajuster son accompagnement et participer aux réunions pédagogiques du CFA. Pour remplir ces missions, il doit maîtriser son métier, mais aussi savoir expliquer clairement, faire preuve de patience, adapter son discours à des profils différents et utiliser les outils numériques qui accompagnent aujourd’hui le suivi des formations.
Dans quels secteurs les CFA recrutent-ils le plus de formateurs ?
Les CFA recherchent principalement des formateurs dans les domaines où les entreprises ont besoin de travailleurs immédiatement opérationnels. Le bâtiment recrute ainsi des professionnels capables de transmettre les techniques de maçonnerie, de plomberie, d’électricité ou de couverture, tandis que l’industrie recherche des spécialistes de la maintenance, de l’usinage, de la soudure ou de l’automatisation. Les métiers de bouche, comme la cuisine, la pâtisserie ou la boulangerie, font également appel à des professionnels expérimentés pour apprendre aux apprentis les gestes précis et les règles propres à ces activités.
Les secteurs de l’automobile, du numérique, du commerce et des services offrent aussi des possibilités pour les personnes souhaitant transmettre leur expérience. Un technicien automobile peut former des apprentis aux nouvelles technologies des véhicules hybrides et électriques, tandis qu’un développeur informatique peut accompagner des jeunes dans l’apprentissage du codage ou de la cybersécurité.
Ces besoins évoluent avec les transformations des métiers, ce qui pousse les CFA à rechercher des professionnels qui connaissent les pratiques actuelles de leur secteur. Cette situation représente une possibilité de reconversion pour des salariés expérimentés qui souhaitent changer de rythme tout en restant liés à leur domaine.

