A-t-on droit au chômage quand on démissionne ?

Homme démissionnant et quittant de son travail

Article mis à jour le 17 août 2025

Beaucoup pensent que démissionner d’un CDI revient à perdre toute forme d’allocation. Pourtant, ce n’est pas toujours le cas. Certaines situations bien précises permettent de bénéficier des indemnités chômage, même après un départ volontaire.

Le principe général en cas de démission

Lorsqu’un salarié démissionne, il ne bénéficie pas des allocations versées par France Travail. En principe, l’assurance chômage protège les personnes qui perdent leur emploi contre leur volonté. Or, dans une démission, c’est le salarié qui prend l’initiative de mettre fin au contrat. L’organisme considère donc qu’il ne s’agit pas d’une perte d’emploi au sens juridique du terme.

Cependant, ce principe comporte des nuances. La réalité de la vie professionnelle et personnelle amène parfois à quitter son travail pour des raisons qui méritent d’être prises en compte. C’est pourquoi le droit prévoit des exceptions à cette règle. Dans certaines situations, la démission est admise comme légitime. Dans d’autres, un réexamen du dossier peut donner droit après un délai à une indemnisation.

Les cas où les indemnités chômage peuvent être versées après une démission

Démission suite à une période de chômage puis à un travail de courte durée

Lorsqu’un salarié perçoit déjà une allocation chômage et reprend un emploi de courte durée, il peut parfois quitter ce nouvel emploi sans perdre les droits qui lui restent à percevoir. Ce cas de figure concerne les personnes qui, après une première rupture de contrat indemnisée (licenciement ou rupture conventionnelle), reprennent une activité avant de la quitter volontairement peu de temps après.

Pour que l’indemnisation puisse reprendre après cette nouvelle démission, il faut rentrer d’une des trois cas de figure suivants :

  • Le premier concerne les situations où la période de travail entre les deux contrats reste limitée à moins de 65 jours ou à moins de 455 h de travail.
  • Le deuxième vise les contrats très courts, d’une durée inférieure à 8 jours calendaires.
  • Le troisième s’applique lorsque le contrat rompu représentait moins de 17 h de travail par semaine.

Dans l’un de ces cas, France Travail considère que le parcours reste cohérent et qu’il n’y a pas eu de rupture majeure dans la continuité du projet professionnel. Les droits ouverts au moment de la première inscription peuvent alors être réactivés, sans qu’il soit nécessaire de justifier d’un nouveau droit à l’indemnisation.

Démission légitime reconnue par France Travail

Certains cas sont officiellement listés comme démissions légitimes. Ils permettent de quitter son emploi tout en conservant son droit aux indemnités chômage. Parmi les motifs reconnus, il y a entre autres le déménagement pour suivre son conjoint. Que ce soit à la suite d’un mariage, d’un Pacte Civil de Solidarité (PACS) ou d’une mutation professionnelle du conjoint, le fait de devoir quitter sa région pour maintenir la vie de couple est pris en compte. Il en va de même pour les salariés contraints de changer de résidence pour suivre leur enfant ou leur tuteur légal, selon les cas.

Une autre situation souvent rencontrée concerne les violences conjugales. Si une personne quitte son travail pour fuir un conjoint violent, elle peut faire valoir ce motif, à condition d’apporter des justificatifs solides.

Certains salariés sont confrontés à des situations professionnelles devenues intenables. Cela peut être le cas lorsque l’employeur ne paie plus les salaires ou lorsque le salarié subit des actes graves sur son lieu de travail. Dans ces circonstances, la démission est également reconnue comme légitime.

Certains changements de parcours sont également considérés, comme lorsqu’un jeune termine un service civique ou un volontariat, ou qu’il quitte un emploi pour suivre une formation qualifiante.

Démission pour reconversion professionnelle

Homme remettant une lettre de démission à son patron

Depuis 2019, la loi permet aux salariés qui veulent se reconvertir de démissionner tout en gardant leurs droits. Mais pour cela, le salarié doit justifier de cinq années d’activité continue. Il doit ensuite déposer un dossier auprès de la Commission Paritaire Interprofessionnelle Régionale (CPIR). Ce dossier présente le nouveau projet, les démarches déjà entreprises, les formations envisagées et les débouchés possibles.

Il adresse ensuite à France Travail, dans un délai de six mois, une demande d’indemnisation. L’allocation est versée après vérification de la conformité du projet et du respect de toutes les étapes. Ce parcours demande de la rigueur, mais il permet de se réorienter évitant une période sans ressources financières.

Démission pour création ou reprise d’entreprise

Comme pour la reconversion, il ne suffit pas de quitter son poste en annonçant une idée vague de création d’entreprise. Il faut prouver que le projet est sérieux, préparé et structuré. Le salarié doit monter un dossier complet, avec un budget prévisionnel, une étude du marché et un accompagnement prévu par une structure compétente. Cette démarche permet à France Travail de s’assurer que la création d’entreprise n’est pas un prétexte, mais un véritable choix professionnel.

Le salarié dispose de six mois pour prouver qu’il a effectivement lancé son activité. En cas d’échec ou si l’entreprise cesse rapidement, il peut malgré tout continuer à percevoir l’allocation restante, tant qu’il remplit les conditions de recherche d’emploi ou de reprise d’activité.

Démission avec réexamen du dossier par l’IPR

Un salarié peut aussi percevoir ses indemnités chômage s’il entame une procédure de réexamen auprès de l’Instance Paritaire Régionale (IPR), quatre mois après sa démission. Cette démarche ne garantit rien, mais elle donne une chance de faire valoir sa situation.

Il faut être inscrit depuis 121 jours comme demandeur d’emploi sans avoir perçu d’allocation. Durant cette période, le salarié doit prouver qu’il a activement cherché un emploi, qu’il a suivi des formations, envoyé des candidatures et participé à des entretiens. France Travail examine la réalité des démarches et leur cohérence avec le parcours professionnel. La demande est ensuite transmise à l’IPR, qui statue au cas par cas. Elle peut accorder l’allocation si elle estime que la démission était motivée par un projet sérieux, même s’il n’a pas abouti.

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