Comment vendre son entreprise

Comment vendre son entreprise

Article mis à jour le 30 mars 2026

Comment bien préparer la vente de son entreprise pour en tirer le meilleur profit ? Comment maximiser la valeur de son entreprise ? Les étapes à bien suivre pour trouver facilement un repreneur et vendre au mieux son entreprise.

I. Préparer la vente de son entreprise

Pour vendre son entreprise, il faut s’y prendre suffisamment à l’avance pour avoir le temps de maximiser la valeur de son entreprise et pouvoir la vendre au meilleur moment. Faire une cession précipitamment est non seulement perturbant, mais le prix que vous obtiendrez de votre société sera bien plus bas que si vous vous y prenez à l’avance.

Si vous ne voulez pas garder la direction de l’entreprise après la vente, prévoyez ce que vous allez faire après. Si vous voulez partir à la retraite, commencez à organiser ce que vous allez faire pendant votre retraite. Si vous voulez créer une autre entreprise ou vous lancer dans une autre activité, commencez à travailler le projet. Il arrive trop souvent que l’angoisse de l’après, la peur du changement et du vide créé, génèrent des freins (conscients ou inconscients) au cours du processus de cession. Plus vous serez préparé et serein concernant l’après, mieux se passera la cession.

Si vous avez un ou des associés, vous devez en discuter avec eux et être sûr qu’ils sont complètement en accord avec le fait que vous cédiez vos parts à un nouveau venu. Votre ou vos associés devraient le plus possible participer à la cession (rencontre des acquéreurs potentiels, présentation de la société, de son modèle économique, etc.). L’acquéreur va devoir fonctionner et travailler avec vos associés, donc il est peu probable qu’il vous rachète vos parts s’il ne les connaît pas bien et ne s’entend pas bien avec eux.

Les questions à se poser avant de se lancer dans la vente de votre entreprise

Suis-je prêt à vendre ?

Vendre son entreprise que l’on a créée ou développée, dans laquelle on a passé de nombreuses heures, tissé de nombreux liens, placé de nombreux espoirs, n’est pas un acte anodin. Vous devriez en parler à vos proches car cela les affecte eux aussi et cela va également vous aider. De même, si vous avez un ami proche qui est dans les affaires, ou un conseiller externe de confiance, parlez-lui-en. Son écoute et ses éventuels conseils vous permettront d’avancer. Vous devriez envisager tous les changements que cette cession va engendrer et vous y préparer.

Suis-je sûr de vouloir vendre ?

Vous devez être absolument sûr. Pourquoi ? Tout d’abord parce que, entre le moment où vous allez lancer le projet et le moment de la signature de l’acte de cession, il va se passer en moyenne 12 à 24 mois. Cela fait beaucoup de temps et beaucoup d’occasions et de circonstances pouvant vous amener à changer d’avis. Ensuite, le processus de vente, ses étapes, ses formalités peuvent amener des tensions et générer des doutes. Donc inutile de vous imposer des efforts et des tensions si en fin de compte vous ne vendez pas.

Pour quelle raison je souhaite vendre ?

Si vous souhaitez transmettre votre entreprise à un proche (famille, ami, associé) ou à vos salariés car, à vos yeux, ils sont les mieux placés pour pérenniser l’œuvre de votre vie, alors il est probable que le prix est un aspect secondaire à vos yeux. Dans ce cas votre expert-comptable sera un bon interlocuteur pour la détermination du prix et tous les aspects administratifs. Votre travail consistera principalement à transmettre votre savoir-faire et vos fonctions de dirigeant à votre successeur et à mettre votre entreprise dans le meilleur état possible pour faciliter la transmission (voir ci-dessous II. Faire un diagnostic de son entreprise et III. Comment maximiser la valeur de son entreprise).

Si vous souhaitez vendre votre entreprise au plus offrant afin d’en retirer le meilleur prix, alors vous avez certaines étapes précises à suivre. Les voici.

II. Faire un diagnostic de son entreprise

Les états financiers vous donnent une idée de l’état de santé de votre entreprise et doivent être passés à la loupe afin de localiser et de remédier à tout ce qui est non optimal. Cependant ce serait une erreur de tout ramener à eux. De nombreux éléments non quantifiables constituent l’ADN de votre entreprise et font qu’elle est différente de toute autre entreprise. Vous devez donc analyser également ces éléments non quantifiables :

  • Les valeurs et les codes de votre entreprise
  • Vos hommes
  • Votre savoir-faire, vos brevets
  • Votre outil industriel
  • Vos fournisseurs et vos partenaires
  • Vos produits et services
  • Vos clients
  • Vos forces et faiblesses commerciales
  • Les menaces et opportunités du marché
  • Vos avantages compétitifs
  • Votre structure, votre organisation, vos méthodes, vos systèmes
  • Votre business modèle

Votre diagnostic va vous permettre de travailler vos points faibles, renforcer vos points forts, découvrir des potentiels et des opportunités inexploités et en tirer parti, endiguer des menaces, etc. Non seulement cela va vous permettre d’augmenter la rentabilité et donc la valeur de votre entreprise, mais cela vous permettra de disposer d’analyses, de projections, de documents pour convaincre et rassurer votre acheteur.

III. Comment maximiser la valeur de son entreprise

Comment maximiser la valeur de son entreprise

1. Vendre au bon moment

Le bon moment est toujours quand votre entreprise affiche les meilleurs résultats et dispose de meilleures perspectives. Si les résultats sont actuellement médiocres, il est préférable d’attendre : faites remonter les résultats et vendez ensuite.

2. Accroître la rentabilité

Les repreneurs, qu’ils soient des personnes physiques ou des sociétés, déterminent la valeur d’une entreprise principalement selon sa rentabilité. Il existe différents modes d’évaluation d’une entreprise et ils sont tous basés d’une manière ou d’une autre sur la rentabilité de l’entreprise.

Il est donc vital d’accroître la rentabilité de votre entreprise. L’article Comment développer son entreprise vous donne les outils pour améliorer la rentabilité de votre entreprise.

3. Rendre l’affaire sûre, sans risque

Dites-vous que pour votre repreneur l’achat de votre entreprise est un pari : il peut gagner beaucoup comme perdre beaucoup. Votre repreneur va donc vouloir minimiser les risques. Et plus il aura de sujets d’inquiétude ou d’incertitude quant à la possibilité de votre entreprise de générer des profits futurs, plus il va réviser à la baisse le prix de votre entreprise. À l’opposé, plus il sera certain que votre entreprise va générer des profits importants, plus son estimation de la valeur de votre entreprise va aller à la hausse.

Vous devez donc éliminer tout facteur de risque pour le repreneur afin d’éviter :

  1. de faire fuir les repreneurs potentiels,
  2. de les amener à réviser à la baisse la valeur de votre entreprise.

Quels sont les facteurs de risque ?

Les facteurs de risque sont tous les facteurs susceptibles de pénaliser la rentabilité future de l’entreprise et l’amener à un niveau inférieur aux projections financières ou aux attentes. Voici une liste non exhaustives de facteurs de risque :

  • le type de marché : un marché de lancement est un marché à risque mais aussi à potentiel et il peut intéresser un grand groupe qui cherche à se positionner à moindre coût, un marché de croissance ou un marché de maturité comportent peu de risques, et enfin un marché de déclin est le moins intéressant de tous (risques et potentialités aléatoires),
  • la concurrence,
  • le business model,
  • la continuité du management,
  • les liens de dépendance (clients, fournisseurs, prescripteurs, etc.),
  • l’environnement règlementaire (normes de sécurité, hygiène, environnement) et législatif,
  • et chacune des faiblesses de votre entreprise qui n’a pas été résolue.

Il y a un autre facteur. Votre repreneur, en rachetant votre entreprise, saute en quelque sorte dans l’inconnu : il ne sait pas trop dans quoi il s’engage, il dispose finalement de peu d’informations sur votre société. Vous devriez donc combler ce vide et lui fournir le plus d’informations possible :

  • les analyses faites au cours de l’étape diagnostic (voir ci-dessus),
  • les informations financières,
  • les projections,
  • les tableaux de bord,
  • le catalogue,
  • le site internet,
  • faites-lui faire des visites de votre entreprise (discrètes),
  • votre organigramme, les qualifications de vos collaborateurs,
  • les manuels formalisant votre savoir-faire, vos méthodes, vos processus,
  • vos chartes (qualité, sécurité, environnement, etc.),
  • vos systèmes (informatique, CRM, comptabilité, RH, etc.).

Vous devriez aussi répondre à toutes ses questions, même si elles vous semblent indiscrètes ou gênantes. Votre acheteur ne cherche pas forcément à vous piéger, il cherche à évacuer ses inquiétudes.

Un dernier point : soyez honnête, n’essayez pas de rendre la mariée plus belle qu’elle n’est. N’essayez pas de dissimuler ou de cacher une faiblesse ou n’enjolivez pas les projections futures. Tout d’abord, il est beaucoup plus gratifiant de faire une affaire où tout le monde est gagnant, ensuite il est possible que votre repreneur le sente ou le découvre au cours des tractations et puis il y a dans le protocole d’accord de cession la clause de garantie d’actif et de passif.

4. Tout formaliser

Pour convaincre vos repreneurs que votre entreprise est une affaire rentable dans la durée, vous allez devoir travailler son modèle économique. Pour cela, il faut tout formaliser :

  • Le métier et le savoir-faire de l’entreprise
  • Les valeurs et les codes de l’entreprise
  • La charte graphique, l’identité visuelle, le design
  • Les produits, services, solutions, offres
  • La politique de prix
  • Le marketing
  • La relation avec les clients
  • L’approche commerciale et les techniques de vente
  • La relation avec les fournisseurs
  • Les méthodes d’organisation, de gestion et de management
  • La politique de qualité
  • L’informatique
  • La comptabilité et la gestion financière
  • Le reporting
  • La sécurité
  • Les façons de faire et les processus
  • Les pièges et les erreurs à ne pas commettre
  • Les réponses à certaines difficultés identifiées
  • Les bonnes pratiques
  • Les détails qui font la différence
  • Tous les éléments différentiateurs de la concurrence
  • Les avantages concurrentiels
  • L’emplacement, les locaux, l’installation, l’agencement, le mobilier des magasins/agences/etc.
  • L’organisation, la structure et le fonctionnement des magasins/agences/etc.
  • La présentation des produits en magasin
  • La présentation et l’agencement des vitrines
  • Etc.

En formalisant et en mettant tout par écrit, vous allez d’une part apporter une plus grande efficacité et pérennité à votre entreprise et d’autre part vous allez disposer de preuves tangibles pour rassurer et convaincre le repreneur.

5. La continuité du management

Si vous comptez continuer à diriger l’entreprise après la vente, le problème de la continuité du management ne se pose pas dans l’immédiat. Si vous avez un directeur général qui dirigeait l’entreprise avec succès, le problème ne se pose pas réellement non plus.

Si vous laissez au repreneur la direction de l’entreprise, alors la question de la continuité du management se pose. Il est capital que vous ayez organisé votre succession à la direction de l’entreprise, sinon la vente risque fortement de ne pas se faire. En effet votre affaire fonctionne bien car c’est vous qui la faite marcher. Que va-t-il se passer sans votre compétence, votre expérience, votre charisme ? Il arrive que des chefs d’entreprise n’arrivent pas à vendre leur affaire car les repreneurs ne voient pas comment ils vont pouvoir la diriger ou la gérer.

Pour y remédier, vous devez faire deux choses :

  1. Tout d’abord vous devez mettre par écrit absolument toutes vos fonctions officielles et officieuses, tout ce que vous faites, comment vous le faites, quand vous le faites, etc. Vous devez aussi mettre par écrit votre état d’esprit, les objectifs que vous aviez quant à votre entreprise, vos codes et vos valeurs en tant qu’entrepreneur mais aussi votre attitude, votre mode de fonctionnement, votre comportement, votre mode de management avec votre équipe de direction et vos employés.
  2. Vous devez transmettre ce savoir-faire, ce mode de management à votre successeur, que ce soit le repreneur ou une autre personne. Cette étape est délicate. Elle peut prendre de nombreux mois et elle peut se solder par un échec car il peut arriver que le successeur n’y arrive pas comme vous y arriviez. Si vous disposez d’une méthodologie et d’outils adéquats développés à cet effet, les risques peuvent être ramenés à quasiment zéro et le temps de transmission à quelques semaines, si votre successeur a la carrure adéquate. Et s’il ne l’a pas, vous serez rapidement fixé et pourrez promptement partir à la recherche d’un autre candidat.

6. Rendre son entreprise facilement transmissible

Même si les points suivants sont moins importants que ce qui précède, il sera plus facile de vendre votre société si elle est présentable, à jour dans ses affaires et débarrassée des erreurs du passé. Vous serez également plus satisfait ou même fier d’avoir créé et/ou développé une entreprise saine et en excellent état à tous les points de vue. C’est important car vous serez alors plus combatif au cours des négociations.

  • Voyez votre comptable et nettoyez le bilan.
  • Si votre société possède un immeuble, il peut être judicieux de le sortir du patrimoine de l’entreprise s’il augmente de façon importante le prix de votre société. Un prix plus abordable vous amènera davantage de repreneurs potentiels.
  • Nettoyez, rangez et remettez à neuf vos locaux (y compris votre mobilier).
  • Nettoyez le stock de tout ce qui est obsolète ou invendable.
  • Investissez dans un outil de production plus performant.
  • Abandonnez ou renégociez les contrats bancals, trop onéreux, générant des pertes ou peu de marge.
  • Réglez tous les litiges que vous pouvez avoir.
  • Assurez-vous que tous vos contrats soient à jour : bail commercial, brevets, marques déposées.
  • Assurez-vous d’être à jour avec l’administration fiscale et sociale.

IV. Déterminer la valeur de son entreprise

Comment déterminer la valeur de son entreprise

Il existent de nombreuses méthodes d’évaluation de la valeur d’une entreprise. Il est sage de combiner plusieurs méthodes afin de prendre en considération toutes les facettes d’une entreprise. En général, les professionnels du métier arrivent à des évaluations assez similaires et les écarts ne dépassent pas 20 %.

1. Les évaluations quantitatives

Il y a 4 d’évaluations quantitatives de la valeur d’une entreprise.

  1. La rentabilité passé : l’approche patrimoniale
    Cette approche est basée sur le bilan de l’entreprise auquel des corrections sont faites afin d’écarter ce qui n’a pas de valeur ou du moins le pondérer et réintégrer des éléments qui ont de la valeur. Cette approche ne doit jamais être utilisée seule car elle ne prend en compte que le passé.
  2. La rentabilité présente
    Cette approche est basée sur les résultats actuels de l’entreprise : généralement l’excédent brut d’exploitation (EBE) moyen des trois dernières années. L’EBE peut être corrigé des éventuelles dépenses et des recettes exceptionnelles anormalement basses ou élevées. Les PME sont en moyenne valorisées 4 à 6 fois l’EBE (c’est la fourchette de valorisation utilisée par les banques, au cas où votre repreneur ait besoin d’emprunter).
  3. La rentabilité future
    Vous allez devoir faire des projections et étayer ces projections sur des arguments solides et le plus vérifiables et tangibles possibles. D’une part pour convaincre et rassurer l’acheteur et d’autre part car les banques préfèrent se baser sur le passé connu que sur le futur qui n’est pas encore connu. Donc, soyez prudent quant aux hypothèses de croissance du chiffre d’affaires et des résultats.
  4. La rentabilité du secteur d’activité
    Les professionnels du métier qui ont effectué de nombreuses opérations de cessions-acquisitions ont établi des grilles par secteur d’activité. Ils pourront ainsi vous dire que dans tel secteur une entreprise est valorisée en moyenne tant de fois son EBE.

En fait l’idéal est de combiner plusieurs types d’évaluation, ainsi on aura une idée plus juste de la valeur de son entreprise.

2. Les évaluations qualitatives

Bien sûr aux évaluations purement quantitatives, il faut combiner des évaluations qualitatives afin de prendre en compte les aspects non quantifiables de l’entreprise.

Voici les principaux critères qualitatifs d’évaluation de la valeur d’une entreprise :

  • son secteur d’activité, son marché, la concurrence,
  • sa part de marché et son positionnement,
  • son modèle économique,
  • son degré d’organisation (organigramme, flux, etc.),
  • la qualité de son management et de ses hommes (motivation, compétence, créativité, etc.)
  • son dynamisme (jeunesse et modernité de son outil de production, moyenne d’âge de ses équipes, etc.)
  • son savoir-faire (processus, brevets, R&D),
  • la qualité de ses produits (haut de gamme difficilement copiables par la concurrence, bas de gamme),
  • sa clientèle.

V. Comment maximiser le prix de vente

Maximiser le prix de vente de son entreprise

Le point de départ de la vente est la valeur de votre entreprise, qui a été déterminé à l’étape précédente.

Attention, il ne faut pas confondre valeur de l’entreprise et prix de vente. Ils sont souvent très différents. Tout d’abord la valeur de l’entreprise est basée sur des critères objectifs alors que le prix d’achat proposé par le ou les acquéreurs est souvent basé sur des critères subjectifs ou des critères basés sur les circonstances. Ainsi deux acquéreurs d’une même entreprise peuvent proposer un prix allant du simple au double.

Le prix de vente va varier en fonction de ce que recherche l’acquéreur et donc de combien il est prêt à investir. L’acquéreur peut être un concurrent qui cherche à accroître sa part de marché ou qui cherche à faire obstacle à un autre concurrent qui avait des vues sur votre entreprise, ou il peut s’agir d’un acquéreur qui cherche à créer des synergies avec d’autres sociétés qu’il possède, ou encore il peut s’agir d’un fournisseur ou d’un client qui cherche à étendre le contrôle de sa chaîne de production ou de distribution, ou encore il peut s’agir d’un grand groupe. Les possibilités ne manquent pas.

Les éléments liés à la vente vont aussi jouer sur le prix de vente :

  • si votre repreneur souhaite un crédit vendeur, vous allez négocier le prix à la hausse.
  • plus vous diminuerez la garantie de passif plus votre repreneur va réviser le prix à la baisse et inversement plus vous augmenterez la garantie de passif plus vous aller exiger un prix à la hausse.

Au final voici le principe fondamental pour maximiser le prix de vente de votre entreprise :

  • si vous n’avez qu’un acquéreur, ce dernier risque de se retrouver en position de force (surtout si vous êtes pressé, ou si vous ne trouvez pas facilement de repreneur) et va négocier le prix de vente à la baisse.
  • si vous avez plusieurs acquéreurs potentiels, c’est vous qui êtes en position de force, vous pouvez faire jouer la concurrence, faire monter les enchères et vendre au plus offrant. Et plus il y a de prétendant en lice, plus vous allez vendre votre entreprise cher.

Donc tout l’objectif est de trouver plusieurs acquéreurs potentiels : deux c’est un bon début, mais il vaudrait mieux que vous en ayez 4 ou 5.

VI. Comment trouver des repreneurs

Il est conseillé de passer par un cabinet spécialisé dans les cessions-acquisitions d’entreprises. Pour les sociétés faisant moins de 10 millions de chiffre d’affaires, les cabinets en cession-acquisition prennent environ 5 % de commission.

Voici quelques critères pour sélectionner le bon cabinet :

  • ils doivent être des experts dans leur domaine et par conséquent ils doivent disposer d’un fichier de repreneurs potentiels important et de qualité. Pour savoir si c’est le cas, faites de votre côté une liste de repreneurs potentiels (concurrents, clients, fournisseurs, partenaires, grands groupes français ou internationaux, ou toute autre société selon les informations que vous avez glanées dans la presse spécialisée ou généraliste, dans vos contacts, grâce à votre connaissance du marché). Demandez-leur de vous proposer une liste de repreneurs potentiels afin de la comparer avec celle que vous avez.
  • ils devraient être en mesure d’étendre leur recherche d’acquéreurs potentiels à l’étranger. Posez-leur la question.
  • ils doivent être sérieux et professionnels. Demandez-leur quelles sont leurs méthodes et décidez selon qu’elles vous semblent fiables et honnêtes ou pas. Demandez-leur les noms et n° de téléphones de quelques chefs d’entreprise dont ils ont vendu l’affaire et appelez ces derniers.
  • vous devriez aussi sentir qu’ils sont intéressés et motivés par votre cession, votre entreprise, vous.

VII. La vente

La vente de son entreprise

1. Les documents à préparer

Il n’est jamais bon, au plein cœur de la négociation, de devoir fournir tel ou tel document pour découvrir à ce moment-là une énorme anomalie (comme de ne pas être en règle avec l’Administration ou en conformité avec la réglementation, ou autre). Donc le mieux est d’avoir préparé et vérifié soigneusement chacun des documents que vous êtes susceptible de devoir fournir à votre repreneur.

Ces documents que vous allez fournir à votre repreneur sont importants car ils vont lui donner davantage d’informations sur votre entreprise, lui permettant ainsi de répondre à ses interrogations, de se conforter dans sa décision de reprise et d’aller plus avant dans les négociations. Il est donc important que vous les ayez préparés et qu’ils soient sous la forme la plus claire possible.

Ces documents ne sont pas à fournir en bloc et en une fois au repreneur. Ils seront fournis au repreneur progressivement au fur et à mesure de la progression du processus de vente. Vous devez également prendre vos précautions et ne transmettre à votre repreneur des documents sensibles sans avoir pris ou reçus des engagements écrits de sa part.

Voici une liste plus ou moins exhaustive des documents à préparer et à vérifier bien à l’avance :

  • Un extrait Kbis
  • Les statuts de l’entreprise
  • Le procès-verbal de la dernière assemblée générale
  • Le rapport des commissaires aux comptes
  • Le rapport de gestion ou le dernier rapport annuel
  • Les bilans, comptes de résultat et annexes des 3 derniers exercices
  • Une analyse détaillée du chiffre d’affaires sur les 5 dernières années (avec répartition par clients – anonyme dans un premier temps si vous le souhaitez – par produits, par branche d’activité, par secteur géographique)
  • Le chiffre d’affaires annuel des 10 dernières années
  • Le budget et le compte de résultat prévisionnel de l’année en cours et à 3, 4 ou 5 ans
  • Le tableau des résultats financiers sur 5 ans (pour les SA et SAS)
  • Les divers échéanciers (remboursement d’emprunts, fournisseurs, impôts, taxes, charges sociales, etc.)
  • Les relevés des comptes bancaires et les 4 derniers arrêtés trimestriels
  • Les autorisations de découvert
  • Les privilèges, nantissements, etc.
  • Une liste des litiges et/ou des procès en cours
  • La notification du dernier contrôle fiscal et Urssaf, si vous en avez eu un
  • Un état des cautionnements donnés par le dirigeant en faveur de l’entreprise
  • Le détail des comptes courants d’associés et des éventuelles conventions de blocage de ces comptes courants d’associés
  • La rémunération, les frais, les avantages en nature et les facturations du cédant et s’il y a lieu, de sa famille
  • Les coordonnées de l’expert-comptable, du conseil juridique de l’entreprise, du notaire, etc.
  • Les contrats de location et de crédit-bail
  • Les baux
  • Les contrats commerciaux (fournisseurs, sous-traitants, partenaires, revendeurs), contrats de travail, polices d’assurance, contrats de retraite, de prévoyance, de santé (mutuelle), etc.
  • Le détail des participations
  • Les titres de propriété, les plans et les états hypothécaires (si la vente comprend des immeubles)
  • Les droits de propriété industrielle (brevets, marques déposées, droits d’auteur, etc.)
  • Les autorisations administratives, les licences d’exploitation
  • Les DADS (déclarations annuelles des données sociales) et autres états concernant le personnel
  • La convention collective de votre secteur
  • L’état de l’appareil industriel, des équipements et du matériel
  • Les check-lists (listes de vérification), les manuels (processus, méthodes, etc.), les chartes (qualité, sécurité, environnement, etc.)
  • Le catalogue produits, les tarifs et les conditions générales de vente
  • Les bilans carbone, environnement, etc.

2. La négociation

La clé de la négociation se trouve dans la préparation. Donc prenez réellement le temps qu’il faut avec votre conseil pour préparer la négociation, envisager tous les scénarios, tous les types d’interlocuteurs, toutes les questions, etc.

Si vous êtes vous-même un vendeur hors du commun, il est préférable que vous meniez vous-même les négociations car vous êtes le mieux placé ou bien vous pouvez élaborer une stratégie de négociation à plusieurs intervenants avec votre conseil. Si vous n’êtes pas un expert en négociation, vous devriez laisser votre conseil mener la danse, il a l’habitude de ce genre de négociation et obtiendra sûrement un meilleur prix que vous. Croyez-moi, on ne s’improvise pas négociateur, surtout dans ce genre de négociation.

Il est vivement recommandé de vous reposer sur votre conseil concernant les différents documents contractuels à signer au cours du processus de vente (la lettre d’intention du repreneur, le protocole d’accord puis l’acte de cession qui comprendront entre autres une clause de non-concurrence et une garantie d’actif et de passif). Ces documents contractuels demandent des compétences spécifiques et sont à élaborer avec soin.

3. Confidentialité et annonce de la cession

Pendant toute la durée du projet jusqu’à la signature, vous allez devoir garder la plus grande confidentialité afin de ne pas déstabiliser les salariés, les clients, les fournisseurs, les partenaires et les banques.

Quand la cession sera signée, vous allez devoir annoncer l’opération. Vous devriez annoncer la cession d’abord aux personnes clés, que ce soit vos cadres, vos clients importants, un fournisseur ou un partenaire clé. Vous allez devoir rassurer, expliquer que vous avez prévu une période d’accompagnement et répondre au questions. Quand ceci est fait vous devriez annoncer la cession de façon générale auprès de vos salariés.

Il est toujours préférable de faire cette annonce vous-même, soit seul soit avec votre repreneur selon ce qui est le plus judicieux. Si vous ne présentez pas votre repreneur tout de suite, vous devriez prévoir de le présenter à une autre occasion, mais il est important pour lui que ce soit vous qui le présentiez afin de montrer que vous êtes encore là pour la phase de transition.

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